dimanche 27 mars 2016

ENTRÉE CV (105) - ALLELUIA!



ENTRÉE CV (105)
27-03-2016
ALLELUIA!

Bien oui, ALLÉLUIA!!!!  on peut le dire depuis hier soir à la veillée pascale! Ce mot emprunté par les chrétiens  de la liturgie juive, signifiant l’allégresse des fidèles, n’est pas prononcé durant le temps du carême dans les liturgies catholiques. En fait on peut traduire ce mot par "louange au SEIGNEUR."

Pâques est une occasion particulièrement fertile pour rendre grâce au Seigneur pour la VIE qui nous habite, pour les bonnes choses qui parsèment notre vie, pour la force et le courage face aux défis du quotidien. C’est l’occasion de quitter ses habits de mort et revenir à la VIE! Prendre confiance dans la VIE! Faire confiance et se faire confiance!.

Pâques est la fête la plus importante de la liturgie chrétiennes et pourtant Noël demeure beaucoup plus élaboré comme fête. J’ai toujours trouvé cela incohérent et triste. L’Église n’a pas su donner à Pâques tout l’ampleur que cette fête mérite. Entéka c’est mon point de vue! Cette année je n’ai pas participé à la veillée pascale. C’est la liturgie que je préfère de l’année liturgique (quand elle est bien préparée évidemment). C’est aussi la liturgie la plus longue et la plus exigeante physiquement. C’est pourquoi je n’y suis pas allé. Mais je garde de bons souvenirs de cette liturgie que j’ai servie plusieurs fois comme diacre.

Allluia pour Nycole dans ma vie! Mon partner de vie depuis plus de 47 ans, incroyable mais vraie. Le temps a filé et on en a perdu beaucoup trop. Alleluia pour mes enfants qui aujourd’hui comble mon cœur de père en voyant ce qu’ils deviennent comme adultes responsables, généreux, passionnés, parents attentionnés, créatifs, drôles, intelligents, avec de bonnes valeurs. Leur présence dans ma vie, encore plus aujourd’hui, me remplit de joie et de fierté.

Alléluia pour mes petits enfants qui m’émerveillent depuis 18 ans, 15 ans, 7ans, 6 mois… leur croissance, leur développement, leur beauté de cœur et d’esprit me touchent profondément.

Alléluia pour les amis, les proches qui m’entourent, qui nous entourent et qui m’aident à me sentir aimé et important.

Alléluia pour l’équipe médicale qui m’entoure et qui tente, du mieux qu’elle le peut, de me donner  le plus de temps possible.

Il y a tant de raison pour « louez le Seigneur » (non Matthieu pas dans le sens de location, mais de louanger) et reprendre goût à la VIE! Allez oser le ALLÉLUIA dans votre vie dès maintenant! La Pâques n’est pas réservée à une seule journée bien au contraire. JOYEUSES PÂQUES!



vendredi 25 mars 2016

ENTRÉE CIV (104) - Cadeau du ciel!



ENTRÉE CIV (104)
25-03-2016
Cadeau du ciel!

J’ai reçu tout un cadeau aujourd’hui. Un ami, Stéfan, m’a appelé pour prendre de mes nouvelles.  Durant la conversation, en prenant un ton plus intimiste, il me demande si j’ai reçu l’onction des malades. La question m’a frappé comme une tonne de briques! Stéfan s’est permis de me poser la question, car il sait que mon expérience d’intervenant en soins spirituels m’a mis en contact avec ce sacrement depuis des années. Il en a déduit avec raison que la question ne me ferait pas peur. Par contre cette question, pleine de la préoccupation que mon ami porte envers moi, a été l’occasion d’une révélation. Premièrement, les larmes ont coulé instantanément. Deuxièmement, la réalisation que je n’ai jamais même pensé à demander l’onction des malades pour moi-même m’a envahi, m’a absolument pris par surprise.

Pourquoi le sais-tu? J’ai des pistes, mais elles ne s’ont sûrement pas complètes. Première piste, dans mon expérience comme i.s.s j’ai rarement, sinon jamais,  vécu l’onction des malades avec mes patients de façon satisfaisante. J’ai toujours trouvé que les prêtres que j’ai accompagné approchaient ce sacrement malhabilement, le dénudant de son sens profond, le banalisant presque en le faisant rapidement et de façon plutôt distante et détachée. Pour moi, ces expériences suscitaient plus de frustration ou de déception que de réconfort pour mes patients.

Deuxièmement, depuis quelques années déjà je reconnais et travaille ma dynamique de faire passer les besoins des autres avant les miens. Je pense que cette dynamique est tellement ancrée en moi que je n’ai pas spontanément le réflexe de m’occuper de moi, de me donner ce que j’ai besoin. Incroyable mais vrai, après 20 ans d’offrir le sacrement des malades à des centaines de patients, il ne m’est jamais venu à l’idée de me l’offrir à moi-même. Je sais que cette piste est incomplète mais bon je suis rendu là.

Comment as-tu réagi quand Stéfan t’a posé la question? Je lui ai partagé ce que je viens d’écrire plus haut. Je lui ai partagé ma surprise de ces prises de conscience. Je lui ai partagé que j’étais très ému de cette préoccupation de sa part. Pendant que nous parlions je cherchais dans ma tête qui je pourrais demander pour vivre le sacrement. Un prêtre m’est venu à l’idée, quoique j’accepterais que Stéfan, même s’il n’est pas prêtre, me donne le sacrement, mais là on entrerait dans une délinquance ecclésiastique et sacramentaire. Je n’ai pas voulu lui proposer cela. Mais lui m’a proposé le même prêtre à qui je pensais. J’en fus très ému. Les larmes coulaient librement. Donc il fera les démarches et conduira la prêtre vers moi s’il accepte.

Je dois dire que je suis très touché par la préoccupation de mon ami. En plus, je sais que ce n’est pas facile pour les gens d’aborder la question du sacrement de l’Onction des malades. Beaucoup de gens comprennent mal le sens et l’utilité de ce sacrement. On le voit souvent comme le sacrement des mourants, l’extrême onction. Alors que dans les faits et selon son appellation c’est le SACREMENT DES MALADES. Alors j’espère avoir l’occasion de vivre ce sacrement d’ici quelques semaines.

Merci la VIE, un vrai cadeau du ciel!

Aujourd’hui j’ai eu du plaisir à placer la table pour le brunch de Pâques. Oui oui en me prenant d’avance j’évite de me fatigué, je peux prendre mon temps. Jeudi j’ai agrandi la table et sorti la nappe et ce matin j’ai placé la vaisselle. J’aime faire cela. Pendant que je place la nappe, la vaisselle, les ustensiles, les décorations d’ambiance, les plats de service, les serviettes de table je pense à chacune des personnes invitées. C’est comme si je prépare la rencontre, en fait je dirais plutôt que je respire la rencontre avant même qu’elle ait lieu. J’imagine l’ambiance et je souhaite donner le ton avec une table bien mise qui dit aux gens « bienvenue, je suis heureux de vous recevoir. »

Cette année c’est particulier pour toi la Pâques? Je suis convaincu que j’en aurai d’autres Pâques.  Ce qui est particulier c’est le sens que je donne à la résurrection. J’ai toujours eu une vision incarnée de la résurrection, mais cette année c’est encore plus. C’est comme si j’en vis tous les jours des résurrections. À date chacune de mes morts est rencontrée par une résurrection. Ce serait long à expliquer, mais la VIE continue de me gâter au travers les différents aléas de la maladie. Je vois cela comme des résurrections, Surtout quand j’en ressors grandi, transformé avec une compréhension plus claire de qui je suis et de ma mission, Quoi qu’en ce moment ma mission c’est MOI!

jeudi 24 mars 2016

ENTRÉE CIII (103) - Sans titre!



ENTRÉE CIII (103)
24-03-2016
Sans titre!

Cher Marc, hier tu as fait référence à un film que tu écoutais qui portait comme sujet le décès du cancer d’une mère de famille. Ce qui t’a questionné c’était le fait que la fille ne voulait pas entendre ce que la mère voulait lui dire avant de mourir. Tu t’es posé comme question ce que toi tu aimerais dire à tes enfants, comme si tu ne le savais pas. C’est clair que je n’étais pas là pour t’interpeller. Tu sais très bien ce que tu voudrais dire à chacun de tes enfants et même à tes petits enfants, surtout les deux plus vieux. D’ailleurs tu en dis pas mal au travers les entrées de ton blog, n’est-ce pas? Ce que tu ne sais pas et cela aussi tu la posais comme question c’est QUAND dire ce que tu aimerais dire? Ah là je te rejoins. Et même COMMENT le dire. Plusieurs façons sont possibles : verbalement en tête à tête; par écrit individuellement, en poème ou en conte; via le blog, non pas vraiment. Pour ce qui est du QUAND la VIE saura te le montrer. Alors ne te casse pas la tête avec ces questions-là. Ta vie est remplie d’enseignements envers tes enfants et ils le savent. Et comme tu le sais très bien les actions parlent plus fort que les paroles. Mais moi j’aurais une question pour toi, he oui évidemment. TOI qu’aimerais-tu entendre de tes enfants? 

Aussi tu as arrêté le film quand la mère a demandé à sa fille de l'aider à mourir. Cela m'intéresse beaucoup. Tu as semblé bouleversé par cela. Es-tu au clair sur ce qui t'a dérangé dans cette scène? As-tu l'impression que tu pourrais faire face à une situation semblable? Si oui que ferais-tu? Si la douleur devient intolérable, la vie insignifiante, la fin trop lente? Demanderais-tu la mort? Maintenant c'est permis de le faire au grand jour dans le réseau de santé. Que ferais-tu? Est-ce cette perspective qui te trouble? Tu as finalement terminé le film. C'est la mère finalement qui s'enlève la vie avec une surdose de médicaments, sachant que ni sa fille, ni son mari pourraient l'aider. Une façon simple de partir, sans devoir demander l'autorisation à quiconque, tranquillement en prenant une surdose de morphine. Hmmm qu'est ce que cela suscite en toi? Comment vois-tu cela?

Aujourd’hui tu es allé à Sacré-Cœur pour ta prise de sang et ton rendez-vous avec ton oncologue. Il est intéressant que tu es parti sans tes requêtes pour les prises de sang, sans ton test d’urine, en fait tu avais tout oublié. Où étais tu ce matin? Heureusement que les infirmières te connaissent. Avec la doc tu as omis certains sujets. Était-ce là la raison de tes oublis. Tu ne voulais pas voir la doc et aborder certaines de tes préoccupations? Tu ne voulais pas parler de tes douleurs au ventre, tes picotements dans les pieds, la douleur au bout des doigts. Je te connais bien, tu ne voulais surtout pas qu’elle change le dosage ou le traitement qui est en cours. Tu tiens à faire tes douze traitements. Cependant je te laisse comme question sur ce sujet : Si tu ne te confies pas à ton médecin comment veut tu qu’elle te soigne convenablement? Finalement comme tu vas bien, sauf pour l'énergie et la voix, la doc a autorisé les deux prochains traitements et demandé un scan pour valider l'effet du traitement sur ARNOLD. Croisons tout ce que nous pouvons croiser!

J’ai reçu deux messages aujourd’hui par les courriels. J’ai le goût de vous les partager en vous souhaitant une belle montée vers la grande fête de Pâques!

Je serai avec vous au champ à l’atelier
Dans les grands entrepôts silencieux de la vie
Et s’il le faut encore
au milieu de l’orage
Dressé
Comme un bel arbre dans le vent.                              
                                        René Guy Cadou
La fête de Pâques sera là dans quelques jours. 
Elle annonce une espérance folle qui se perd dans la multitude des twitts et textos.
Elle annonce l’espérance que nous ne sommes pas seuls dans nos ateliers, nos entrepôts ou au milieu de l’orage. 
Car il y en a des orages à Bruxelles, à Istanbul, à Neskantaga. 
Et il y a les tempêtes semées par des Donald Trump ou Daesh.
Mais il y a aussi l’espérance que celles et ceux
qui se battent pour les requérants d’asile à Neuchâtel,
qui accueillent des réfugiés syriens à Val-David,
qui poussent leur poteau de chimio dans le corridor d’un département d’oncologie ne sont pas seuls.
 Et l’espérance dressée par les rires et les babillages des Laurence, Romy, Louis, Zachary, Caetano, Caleb, Olivia comme un bel arbre dans le vent.
Que la brise légère de Pâques souffle dans vos vies,

Je n’identifie pas l’auteur car l’envoi était privé.

L’autre texte, plus public celui-ci :

"Dépouillé de l'Eucharistie"

J'ai été frappé un jour de lire ces paroles d'Adrienne von Speyr qui, dans un état d'extase, parlait de la descente de Jésus aux enfers lors du Samedi saint : il s' "est dépouillé de son eucharistie" (Au coeur de la passion, Culture et Vérité, p. 127).  En mourant sur la Croix, Jésus a remis son esprit au Père, acceptant de se couper de la communion d'amour qu'il y a entre les trois Personnes divines et de la communion avec son Église naissante et avec tous les humains de bonne volonté. Il est descendu aux enfers où demeure uniquement l'absurde du mal avec sa solitude absolue, son vide, son absence complète d'amour et de relation, son je, sans soi, sans tu et sans possibilité de nous, son absence de Dieu et d'humanité, etc.  Le mal est un dépouillement eucharistique, car il rompt toute communion.

Quand on entend ce qui s'est passé à Bruxelles et qui se répète aussi dans bien des pays du monde, nous sommes obligés de dire que nous créons, dès ici bas, l'enfer et, que par nos gestes et nos paroles nous continuons à dépouiller le Christ et tout humain de l'eucharistie. Quand comprendrons-nous que la seule attitude qui convienne est celle eucharistique, celle de cet humain qui partage sa vie comme un pain, qui aime son prochain, qui avec miséricorde accompagne l'autre sur son chemin, qui avec tendresse s'attarde auprès du corps meurtri de l'autre, etc.  Quand saisirons-nous que l'eucharistie est le sommet de la vie humaine, car elle est la communion de tout humain en Dieu, chacun aimé pour ce qu'il est ?

L'eucharistie est l'amour en gestes, en paroles, en présence.  L'enfer gagne sur la terre, car, dans notre quotidien, nous la dépouillons de l'eucharistie. Et, à chaque fois que nous le faisons, le Christ, le Pain de Vie, y est laissé mort, abandonné... Mais, paradoxalement, c'est cet abandon du Fils, consenti le Samedi saint dans une sur-obéissance, dira Adrienne, qui nous permet d'espérer contre toute espérance.

Là même où le mal pensait triompher, dans cet enfer étranger à Dieu, et où seul le mal peut résider, voici que Jésus, au Samedi saint, y descend et s'y tient. Le Fils par amour pour le Père et pour l'humain accepte de franchir ces frontières du mal. Ce faisant, ce lieu sans eucharistie est saisi, par le consentement du Fils, dans l'eucharistie trinitaire nous permettant d'espérer malgré ces 'dépouilleurs d'eucharistie" qui sillonnent le monde en propageant le mal. Même aux fonds de nos enfers, il nous est permis d'espérer.

En ce temps de Pâques, pouvons-nous être des artisans d'eucharistie ! Pouvons-nous, au nom même de la miséricorde, choisir l'amour et non la haine !  Puissions-nous avoir le courage des fondatrices et des fondateurs de Montréal et refonder une humanité qui se tient en Dieu et non en enfer !  Pouvons-nous au nom du Christ être présents à l'enfer de l'autre afin d'y poser une espérance !  Joyeuses Pâques à toutes et à tous !
 
Stéfan Thériault, directeur du Centre Le Pèlerin

mardi 22 mars 2016

ENTRÉE CII (102) - Bêtise humaine!



ENTRÉE CII (102)
22-03-2016
Bêtise humaine!

Que dire? L’être humain capable de tant de grandes choses est aussi capable de tant de bassesses. Malheureusement nos amis belges ont été victimes de ces bassesses aujourd’hui, à l’instar des Parisiens récemment. Je ne peux rien dire autre que je suis de tout cœur avec ce peuple que j’ai visité il y a plus de quarante ans. La violence est inacceptable et encore moins acceptable au nom d’une quelconque religion ou d’un quelconque dieu. De toute façon les islamistes radicaux n’ont rien à voir avec le Dieu des musulmans. Quiconque connaît le Coran sait cela. Alors cessons d’en faire une guerre de religion, il n’en est rien!

Inutile de dire que ma journée fut remplie de ces images atroces, des paroles creuses des politiciens, de la colère exprimée de la part des Belges et de l’invitation à la prière de la part de leaders religieux ici et ailleurs. Ma prière aujourd’hui fut pour toutes les personnes affectées de près ou de loin par ces attaques barbares. Mais aussi pour notre capacité en tant qu’humain à vaincre notre propre violence. Je songe entre autre à Mahatma Gandhi qui refusait la violence et qui protestait de façon paisible malgré l’agression des autorités britanniques. Je pense évidemment à Jésus qui lui aussi a refusé d’opposer la violence aux traitements atroces que lui faisaient subir les autorités religieuses.

Je pense à ARNOLD et mon attitude de violence envers lui. Bien là je fais une exception, n’est-ce pas? Le plus de violence possible envers cet ennemi qui veut me détruire. Évidemment il faut se défendre. Je ne suis pas nécessairement  à l’aise avec Gandhi et son approche pacifiste qui a valu que plusieurs milliers d’Indiens sans défense fut tués ou massacrés. Non je ne crois pas à un pacifisme béat. Donc on peut attaquer ARNOLD comme on peut attaquer le groupe état islamique avec toutes nos forces et toutes nos armes. Il faut savoir se défendre pour survivre.  Ce à quoi je fais allusion plutôt, c’est la violence qui nous habite, nous personnellement. Celle qui apparaît quand les choses ne vont pas bien, quand on est contrarié, coupé dans le trafic, ridiculisé, etc…. Si on arrive à maîtriser cette violence, à la comprendre, à la courber il me semble que notre monde serait un meilleur endroit. Dire cela n’est pas une très grande révélation n’est-ce pas? Parfois j’ai le don de la redondance.

Parlant de violence, est-ce que les médias ont besoin de repasser « ad nauseum » les images des explosions en focussant sur les corps meurtris. Je trouve cela indigne et très agressant. Un peu comme je me sens en pensant qu’un jour les miens me regarderont mourir, meurtri, mon corps défait et mon visage méconnaissable, dans mon lit d’hôpital. Cette idée me répulse. Oh je sais bien que rendu là je m’y serai fait, mais pour le moment quand j’y pense je n’aime pas l’idée du tout d’être « en exposition » dans cet état. Pourquoi tout cela me passe dans la tête? Je fais des liens bizarres je trouve. 

Aujourd’hui fut quand même une bonne journée. Je me suis forcé à sortir. Je suis allé faire du magasinage, un prétexte pour marcher un peu et voir de belles choses. Je laisserai Nycole découvrir mes quelques achats sans lui dire ce que c’est. Hahaha. J’ai tenté de m’asseoir au soleil, mais pas assez chaud pour moi. J’ai passé quelques minutes au bord de l’eau, mais j’étais très fatigué. Alors suis revenu à la maison après être arrêté à la pharmacie. C’était drôle à la pharmacie, car je n’avais plus de voix et la caissière était gênée de me faire parler.

Il y a quelques jours j’ai commencé un film que je ne voulais pas écouter jusqu’à la fin. C’est l’histoire d’une mère de famille qui se meurt du cancer. Je n’avais pas besoin de cela vraiment. Mais voilà que j’ai décidé de l’écouter. La scène qui me vient de me questionner beaucoup se produit quand la mère qui se détériore souhaite parler à sa fille et lui dire des choses que sa fille ne veut pas entendre. Elle lui dit : « Ne me tais pas, j’ai besoin de te dire ces choses, je n’aurai pas d’autres occasions. » Évidemment cela a éveillé en moi la question, qu’est-ce que j’aimerais dire à mes enfants si je savais que ma vie était finie? Est-ce que je dois attendre que ma vie s’achève pour dire ce que je voudrais dire? Qui sait, elle peut s’achever soudainement et je n’aurais jamais la chance de dire. Mais de dire quoi? Qu’est-ce qui est essentiel à dire? De dire que je les aime? Ils le savent, je leur dis régulièrement. De leur dire quoi, comment, quand? Mon Dieu il me semble que cette question va me hanter.  

L’autre scène qui me touche beaucoup (j’ai dû arrêter le film) c’est quand elle demande à sa fille de l’aider à mourir. Elle n’en peut plus, elle est amaigrie, affaiblie et dépendante. Elle veut en finir. Je finirai ce film une autre fois ou pas du tout.

En terminant cette entrée, durant la soirée (je suis seul) j’ai beaucoup de douleurs. Est-ce que j’imagine que c’est mon foi? Oui certainement. Surtout que je ne sais pas exactement où est mon foi, mais pas mal certain qu’il n’est pas si bas que cela (haha). C’est comme si je ne veux pas le savoir de toute façon, au cas ou. Quel enfant!

Bon cesse de te plaindre le gros! Il y a pire dans la vie et ces jours-ci sont remplies de bons moments quand même. Rends grâce pour cela.

Aux personnes qui ont de la peine je vous embrasse très fort....